SHINKANSEN// L’UTILE// I WISH

SHINKANSEN// L’UTILE// I WISH

C’est idiot mais j’aime faire systématiquement les choses à l’envers.

Je ne sais ni pourquoi, ni quel sens ça a… Peut-être est-ce simplement une façon de braver un interdit implicite auto-généré ou une connerie du genre. Par exemple ces derniers jours je n’étais pas le dernier à râler concernant l’hydrométrie ambiante. Hé bien, premier jour de beau temps : hop ! Je me calfeutre dans la caverne souterraine – quasi hermétique – d’un cinéma parisien ! Si c’est pas de la contradiction ça…

Mais bref, peu importe puisque ça m’aura permis de découvrir un beau film. Le dernier né de Kore-Eda Hirokazu : I wish, nos vœux secrets. Pour ceux qui n’auraient pas l’oreille particulièrement familière de ces sonorités lointaines je précise qu’il s’agit d’un réalisateur japonais, ce qui n’est pas (ou plus) un gros mot. La longue tradition d’intégration de la culture nippone a œuvré en ce sens. Par exemple, vous saviez qu’au début du siècle dernier on pouvait trouver relativement facilement des livres de contes pour enfant directement importés de l’archipel dans nos campagnes françaises ? La mondialisation avant l’heure. Peut-être que tout le monde s’en fout mais moi j’aime bien.

Les détracteurs désabusés du cinéma japonais ( du moins l’idée que je me fais du cinéma japonais) l’accuseront d’une certaine lenteur ou, pire encore, de mutisme. Pas d’accord. On nous laisse généralement faire une partie du travail seul, c’est tout. Seulement, réfléchir à ce qu’on voit, on perd gentiment l’habitude… Je ne vais pas faire le speech attendu condamnant les démoniaques Reality Shows (je ne peux plus dire Télé Réalité, ça me blesse le larynx) comme quoi on nous montre des engueulades sans intérêt, vides de sens, qu’on prend tout de même la peine de nous faire expliquer successivement, (histoire de mâcher le prémâché) par le biais de mini-interviews enclavées, par les différents protagonistes qui ne loupent pas une occasion de sortir la plus belle périphrase qu’ils aient pu préparer. Généralement à base de « C’est moi que j’y ai dit », ce qui n’est pas sans prouver, une fois encore, la richesse de notre langue puisqu’on se rend alors bien compte que même en mélangeant les mots d’une phrase et en saupoudrant le tout d’une bonne poignée de conjonctions aléatoires on distingue le sens ! Et ça c’est merveilleux.

Donc il était question du cinéma japonais et de sa soi-disante inertie. Je ne suis pas d’accord. Je cautionne même cette manière de s’appesantir parfois sur un moment, le filmer dans son ensemble pour ce qu’il a de concret, de réel et d’apparemment vide. Le cinéaste laisse ainsi le temps à l’émotion qui couve de s’épanouir. C’est comme pour le silence qui parfois règne et effraie – parce que, mon Dieu, et si on avait rien à se dire ! – mais qui n’est en fait qu’une pudeur, certes un peu épaisse, capable de traduire des hésitations plus fines et plus sincères que l’expression verbale. Il existe, c’est sûr, différentes qualités de silences.

Bon, maintenant que je vous ai fait bien peur en annonçant un film en apparence soporifique, je vais tâcher de vous faire comprendre que c’est l’exact inverse !

Petit topo : I Wish traite des parcours parallèles d’un bon paquet d’enfants et en premier lieu de ceux de deux frères, séparés par la rupture de leurs parents : Koichi et Ryunosuke. L’ainé, Koichi, n’a qu’une idée en tête, réunir la famille par tout les moyens. Or, comme c’est un enfant, il a des idées curieuses… Il se convint que lors de l’ouverture de la nouvelle ligne du Shinkansen reliant leurs deux villes, au moment précis où les trains se croiseront, l’énergie libérée produira un miracle. Une idée fumante, j’vous l’avais dit ! Mais on lui pardonne car c’est ce qui fait une grande partie du charme de ce film : la naïveté infantile.

Je ne connais pas encore bien Kore-Eda Hirokazu mais je sais qu’il a déjà réalisé Nobody Knows, qui visiblement fait aussi la part belle à l’enfance. La différence c’est sans doute l’éclairage, moins sombre cette fois-ci, résolument tourné vers l’énergie et la joie. Je pense notamment au petit Ohshirô Maeda et son sourire aussi franc et contagieux qu’étonnamment implanté. C’est un peu comme les conjonctions de tout à l’heure mais avec des dents…

C’est charmant de voir comment s’agencent, se juxtaposent les histoires de ces gamins, pourtant très différentes. Il y a quelque chose de puissamment réel et en même temps rituel dans ce qui les anime. La tension commune, le lien invisible et simple qu’ils créent, pour mener à bien leur quête car tous ils ont un vœu, qu’avec un peu de chance le Shinkansen réalisera… J’ai aimé la transformation poétique – au sens premier du terme – de cette histoire banale en un voyage aux allures épiques. L’instillation parcimonieuse du merveilleux qui rend ce monde utile vivable, beau. Vraiment, j’ai trouvé que c’était une interprétation moderne et intelligente d’une sorte de conte médiéval, de légende, avec le train comme outil de la féérie. Ce qui est loin d’être absurde quand on sait toute l’importance qu’a le train dans la vie, et donc l’imaginaire, japonais.

Je ne peux pas en dire beaucoup plus sans déflorer l’œuvre malheureusement. Et puis, après tout, les interprétations… Toutefois si vous vous donnez la peine d’aller voir ce film peut-être en sortirez-vous un rien changé, un brin grandi, à l’instar des personnages qui le peuple et qui, tous, apprendront quelque chose. En définitive voilà un film porté par des enfants mais qui ne s’adresse pas qu’à eux.

Moi j’en suis sorti avec une petite joie qui se mariait assez bien au soleil. Et, dans la poitrine, un animal endormi, pacifique. Apaisé.

SUCRETTE // ABSURDITE #01

SUCRETTE // ABSURDITE #01

Conversation entendue par un soir enneigé aux Menuires cette année :

« Alors ? T’as fini tes achats ? »

Réponse de l’intéressée – une femme sans âge et sans rides, visiblement la bourgeoisie bien tassée – :

« Oui. Rien que les cadeaux et les cartes postales j’en ai eu pour plus de 1000€ ! C’est cher les cartes postales… « 

METRO // POINTE TON HEURE

METRO // POINTE TON HEURE

Source: fuck yeah cats and food tumblr

La folie douce qui touche, qui fait mouche ; sa bouche bouche, bouchonne et ravale des torpilles de torpeur infantile. Tordantes et volatiles, elles  jacassent, cassent du sucre de canne sur les cons qui cancanent pendant que Mamie ricane dans sa canne.

Tout ce beau monde inonde la station pour attraper son prochain train-train quotidien.

Commence alors comme une histoire de corps qui se touchent. Des portes qui claquent puis comme une vague idée de compression des cons qui file le vague à l’âme. Contrit, compacté, contorsionné, forcé de palper l’ambiance halitueuse de la rame ; à la ramasse tu te mets à chercher la poésie dans un revers de manche, dans un regard qui flanche.

La Mendy mendie du blé contre de la bonne science, celle des cons. La nonne marmonne une mélopée enveloppée de pâté. Audience ratée. La bégueule dégueule son malheur à la mauvaise heure.

Parfois des yeux t’attrapent et accrochent un brin d’espoir dans ta chevelure de mercure et pour oublier que tu étouffes tu souris aux sous-rires qui rafraichissent. Mais en fin de compte, ça reste chacun pour sa gueule de con.

STOP

Condescendants les cons descendent.

 

ps: la pertinence de la photo d’illustration est discutable, je l’admets volontiers !

ÂME/PROFESSORAL/ COCKER

ÂME/PROFESSORAL/ COCKER

Aujourd’hui j’ai songé au principe de l’âme. Qu’est-ce que l’âme ?
Voilà un sujet qui passionne philosophes et scientifique depuis la nuit des temps ! C’est plein de subtilités et de petites choses délicieuses qui craquent comme la couche de sucre d’une dragée aux amandes… ou comme la boite crânienne du con d’en face qui perdurait dans l’erreur jusqu’à ce que votre masse d’arme lui remette les idées en place.
Nous nous proposons donc, partant du postulat que la réflexion est positive pour tout cerveau qui s’y prête, d’appliquer justesse et rigueur scientifique à une idée toute Descartienne :
« Quant à l’âme on peut s’accorder sur le fait que c’est ce qui différencie l’homme de l’animal. »
L’axiome est donc posé.

Illustrons immédiatement le propos en l’enracinant dans un environnement familier. Prenons la population d’un pavillon résidentiel habité (parisien/péri-parisien/loin-péri-parisien comme ça pas de jaloux).
On y trouvera vraisemblablement une femme, un homme, des enfants et peut-être un chien. Il est alors possible d’appliquer un raisonnement standard.
Par exemple si la ménagère de moins de 50 ans n’est pas un cocker c’est grâce à l’âme.
Or, la ménagère de moins de 50 ans, que fait-elle ? Elle achète des chaussures et elle regarde Le démon de midi (anciennement Attention à la marche.) Ce que ne ferait jamais un cocker.
On peut donc raisonnablement conclure que l’âme permet d’apprécier Jean Luc Reichmann tandis que le cocker ne permet pas grand chose. A la rigueur tient-il compagnie aux enfants tandis que la ménagère s’adonne à son plaisir coupable.
D’autre part on sait que la culpabilité nécessite une âme. C’est un fait établi. Ceci vient corroborer notre démonstration.
Nous pouvons tout de même, légitimement, nous poser la question de l’existence d’une âme chez l’enfant ; car, en dépit de son affinité pour les cockers, l’enfant reste potentiellement une ménagère en devenir.
Pour les besoins de l’expérience nous nous munirons de deux enfants : Ingrid et Bergham (oui Bergham n’est pas un prénom mais qu’importe!) Les paramètres sont les suivants :
- Ingrid est de sexe féminin et est une fieffée coquine.
- Bergham est de sexe masculin… et c’est déjà bien.
Tout deux sont mis en situation face à un poste de télévision allumé à 12H00.
En observant attentivement leurs réactions particulières nous allons pouvoir définir deux profils bien distincts.
Bergham : Oh non ! Pas Jean Luc Reichmann !
Ingrid : Moi j’aime bien…
Bergham : Tu vas devenir comme maman.
Ingrid : Tu dis ça sans savoir, tu ne connais rien aux femmes.
Bergham : Je m’y connais plus que tu ne crois…
Ingrid : Te masturber devant Youporn ne fait pas de toi un expert !
Bergham rougit : Tu es une fieffée coquine !
Ingrid : Et toi un p’tit branleur… Critique pas Jean luc et va jouer avec le chien, gros dégoutant ! Putain d’merde !
Bergham quitte pour aller jouer avec le cocker.

A la lumière de cette expérience que constate-t-on ?
Tout d’abord que l’on peut établir une dichotomie. Les enfants se divisent en deux catégories : ceux qui aiment Jean luc Reichmann et ceux qui n’aiment pas Jean luc Reichmann. Les premiers, dont fait parti Ingrid, possèdent donc nécessairement une âme. On constate d’ailleurs que l’âme permet une expression verbale plus fleurie et adaptable à l’idée que le sujet veut faire passer. Ainsi, lorsque Ingrid jure comme un charretier c’est pour transmettre l’idée d’un mépris profond, teinté d’intransigeance.
La deuxième catégorie d’enfant, qu’illustre ici Bergham, n’apprécie pas Jean luc Reichmann et ne devrait donc pas, suivant notre raisonnement, posséder d’âme.
Cependant on a pu observer une érubescence manifeste du sujet, synonyme physiologique d’un sentiment de culpabilité. La culpabilité nécessitant une âme pour être éprouvée, nous arrivons dans une impasse.
Il convient donc de proposer une hypothèse plausible basée sur une réflexion inspirée des affinités du sujet observé vis à vis de l’espèce canine.
Les enfants de la deuxième catégorie sont des êtres DCM (Développement à Choix Multiple). Ils vont devoir choisir entre deux alternatives :
1/ Renoncer à leur aversion pour Jean luc Reichmann et rejoindre les rangs des ménagères.
Ou 2/ Perdurer dans leur état de rejet massif des valeurs qui constituent le socle culturel de notre société et devenir un cocker.
Nous pouvons donc résumer ainsi l’hypothèse : les enfants de deuxième catégorie peuvent choisir de posséder ou non une âme.

Et, entre nous, le choix est vite fait ! Faudrait quand même être con…
En plus Le démon de midi c’est vachement bien…

PARIS// BALCON //SAVANE

PARIS// BALCON //SAVANE

everything will be alright by Brian Day (brianday) on 500px.com

La vie c’est pas bien gros. Ça tient souvent sur le détail d’une chaussure.

Passez des siècles sur un balcon et vous verrez ! Elle est là ! Elle passe. Faut juste ouvrir l’œil à pas d’heure ; croire dur comme fer à l’âme des lampadaires.

Vous regardez avec une intensité crue la démarche Winehousienne de la dame. Elle a l’allure moderne et la robe safari qui décalque des motifs animaux sur son corps humide. Elle lance en avant quelque chose de plus rapide et plus décidé qu’elle – peut-être une chaussure. – Dans la rue passe un roulement de joie à déboulonner les bites. Les pigeons grondent dans leur caverne en zinc. C’est quatre heure… C’est pas le calme sidéral des hauteurs enneigées. C’est la cité humaine.

L’éméchée poursuit sa route en s’amarrant aux lumières. Toujours une autre plus loin qui l’appelle et qu’elle rejoint… Comme si c’était la promesse de chaleur d’un Soleil numide.

Dans ses yeux vous savez qu’il y a des ardeurs de paprika. C’est la cigarette qui brule vos doigts qui vous l’a murmuré.